RÉPONDEUR
AUTOMATIQUE DE L'HOPITAL PSYCHIATRIQUE
BONJOUR ET
BIENVENUE À L'HOPITAL...
SI VOUS ÊTES OBSESSIF-COMPULSIF APPUYEZ À PLUSIEURS REPRISES SUR 1
SI VOUS ÊTES DÉPENDANT AFFECTIF DEMANDEZ À QUELQU'UN D'APPUYER SUR LE 2 POUR VOUS
SI VOUS AVEZ DE
MULTIPLES PERSONNALITÉS APPUYEZ SUR LE 3,4,5, ET 6
SI VOUS ÊTES
PARANOÏAQUE NOUS SAVONS QUI VOUS ÊTES. RESTEZ EN LIGNE AFIN QUE NOUS RETRACIONS
VOTRE APPEL
SI VOUS AVEZ DES HALLUCINATIONS APPUYEZ SUR LE 7 AFIN DE TRANSFÉRER VOTRE APPEL AU VAISSEAU AMIRAL
SI VOUS ÊTES SCHIZOPHRÈNE, ÉCOUTEZ ATTENTIVEMENT, UNE PETITE VOIX
VA VOUS DIRE SUR QUEL BOUTON APPUYER
SI VOUS ÊTES
MANIACO-DÉPRESSIF, PEU IMPORTE LE BOUTON SUR LEQUEL VOUS APPUIEREZ, VOUS ALLEZ
ÊTRE MALHEUREUX DE TOUTE FAÇON
SI VOUS ÊTES
DYSLEXIQUE APPUYER SUR 9696969669969696969696969
SI VOUS SOUFFREZ D'AMNÉSIE À COURT TERME APPUYER SUR
LE 9
SI VOUS SOUFFREZ D'AMNÉSIE À COURT TERME APPUYER SUR LE 9
SI VOUS
SOUFFREZ D'AMNÉSIE À COURT TERME APPUYER SUR LE 9
SI VOUS AVEZ UNE PIÈTRE OPINION DE VOUS-MÊME,
RACCROCHEZ NOS TÉLÉPHONISTES SONT TROP OCCUPÉES POUR VOUS
PARLER
SI VOUS ÊTES
MENOPAUSÉE, RANGEZ LE REVOLVER, RACCROCHEZ, ALLUMEZ LE CLIMATISEUR OU LE
VENTILATEUR, ÉTENDEZ-VOUS ET PLEUREZ. VOUS NE SEREZ PAS FOLLE TOUTE LA
VIE.
SI VOUS ÊTES BLONDE, NE TOUCHEZ À RIEN, VOUS ALLEZ TOUT FAIRE FOIRER
aspet: À se péter le cul sur le trotoir
Bon, je vous dis pas tout mais regardez et après, dites-moi franchement, que vous ne vous êtes pas éclaté de rire à un moment ou un autre durant la vidéo.
Trouvé je ne sais plus où sur le net, mais tordant.
Comme quoi les traductions simultanés pour mal-entendants, ça peux être drôle.
Pendant ce temps, au Québec, les jours coulent et les nuits annoncent leur arrivée en grande pompe!
Le malheur, c'est que ces couleurs ne durent jamais longtemps. L'éclairage des hommes, leurs rues ou leur esprit, semble bien faible à certains moments. Ce 6 novembre au matin à Mont-Tremblant, à 1h45 de route au nord de Montréal. Rien, pas de neige encore à Montréal [Photos provenant du site Météomédia.com]
…
Le Docteur Samuel Carrier dormait dans un de ces fauteuils de mousse pouvant se déplier pour faire un petit lit semi-confortable. Dehors, les oiseaux chantaient et souhaitaient la bienvenue au soleil qui tentait, tant bien que mal, de réchauffer le sol. La tempête avait cessée vers trois heurs du matin. Les équipes de monteurs de ligne d’Hydro-Québec remettaient les lignes de transport et de distribution d’électricité en état de fonctionner. De grosses grues retiraient des branches, et quelques fois des arbres entiers, qui recouvraient véhicules et des maisons. Le préposé au stationnement semblait atterré par la disparition de son "bureau".
Une préposée aux cuisines entra dans la chambre où se trouvait Sam, elle portait un plateau avec le petit déjeuner. Elle le laissa presque tomber sur la table du patient en lançant « C’est le p’tit déj! ». Le bruit et la voix réveillèrent Sam et il ouvrit les yeux.
La soirée avait été longue. Des heures en salle d’opération pour sauver son mentor. Celui qui lui avait tout apprit. Celui qui lui a montré comment recevoir les patients, comment leur annoncer une nouvelle, l’annoncer à ses proches dans le pire des cas. Celui qui le poussait toujours à être meilleur.
C’est ce qu’il avait fait hier. Fuller, là, sur la table d’opération. La respiration hésitante, ensanglanté, les vêtements déchirés par les ambulanciers. Il semblait si, si fragile, et si brisé. Quatre heures trente en salle d’op. Il avait arrêté de compter les scalpels, les pinces, les rétracteurs, les éponges et tout le reste. Il s’était pleinement concentré sur son patient. Non, sur son mentor.
« Il était temps fiston! Je commençais à m’emmerder à compter les coups de pinceaux au plafond. »
« Dr. Fuller, content que vous soyez réveillé. Vous avez manqué une de ces tempêtes! »
« Si je me fie à ce dont tu as l’air, je suis content de l’avoir ratée. » dit le Dr. Fuller en grimaçant un peu. Il avait mal.
« Vous nous avez fait toute une peur hier soir, la tempête, l’accident. Jusqu’aux ambulanciers qui ne pouvaient pas faire leur travail. Leur radio en panne, nous ne savions pas à quoi nous attendre, comment nous préparer. »
« M’avez-vous opéré? C’est ce à quoi je m’attendais tu sais. »
« Oui, dit Sam, vous étiez couvert de sang. Des unités de sang furent préparées, le réanimateur cardiaque, toute l’équipe de traumatologie était présente. »
« Je me sens comme si j’étais passé au lave linge. Et vous m’avez pansé partout aussi. Je sens des sutures à des endroits que je ne croyais même pas avoir. » encore une grimace accompagné d’un sifflement d’air inspiré entre les dents serrés.
« J’ai dû faire de la chirurgie exploratoire, pas moins de huit incisions. Certaines assez longues. Au moins 12 points chaque, j’ai compté 42 points pour refermer la plus grande. Je ne voulais prendre aucune chance, vous sembliez être dans un très mauvais état. » Sam se leva et se rendit près du lit. « Je voulais m’occuper personnellement du Chef de service, d’aucune façon allions-nous vous perdre. »
« Bien, en tant que ton patron, Sam, je suis impressionné par ce que tu me racontes. Vous m’avez endormi assez rapidement, qui a fait ça? »
« C’est moi Dr. Fuller. Enfin, pas moi mais c’est l’ordre que j’ai donné à Pat. De le faire rapidement, je ne voulais pas perdre de temps. J’en suis heureux que vous alliez bien. »
Il y eut une minute de silence durant laquelle le Dr. Fuller semblait songeur. Sam, lui, était fier de son travail, et content de voir son mentor si alerte et volubile suite à son passage sous ses doigts experts.
« Tu sais Sam, j’ai repris conscience tout juste avant de passer sous anesthésie. J’ai pris ton bras à ce moment. »
« Je me souviens Dr. Fuller. Vous deviez souffrir terriblement et je voulais procéder rapidement. »
« Oui, j’ai lu le rapport d’opération. Mais si tu n’avais pas été aussi pressé de me charcuter et de m’entailler la peau, j’aurais pu te dire que ma coupure au front n’était rien de grave et que ce qui me faisait souffrir n’était qu’une appendicite avant que tu m’endormes. En passant, tu es renvoyé pour manque aux procédures! »
…
Se relevant, Sam attendis que les lumières se rallument. La porte s’ouvrit et quelqu’un rentra avec une torche électrique.
« Tous les générateurs sont foutus, la foudre les a eu. »
« L’équipe de construction avait un petit générateur, dit Samuel, il faut que quelqu’un le trouve et l’apporte ici. J’espère que ce sera assez puissant pour la salle d’op. Ne reste pas là, allez! »
« Que t’es-t-il arrivé bon sang? Tu es tout plein de sang! J’y vais et je t’envoie une infirmière. »
Des éclats de verre avaient coupé le bras de Sam ainsi que son front, mais rien de grave. Il pouvait aussi sentir une énorme bosse lui pousser à l’arrière de la tête. Les médecins ne sont pas de bons patients mais il resta calme pendant qu’il se faisait nettoyer et panser ses blessures. Les urgences devaient maintenant être redirigées vers un autre hôpital, le sien était débordé.
Le Docteur Fuller allait bientôt arriver et Sam était bien content d’être là. Il ne voudrait pas qu’un autre médecin s’en occupe. Il le devait bien à Fuller. C’est lui, Fuller, qui avait poussé Sam, demandant toujours plus de savoir, plus d’études, plus de précision. Fuller était le médecin que sa sœur aurait dû avoir, il était le médecin que Sam voulait être. C’est à cause de Fuller que Sam était devenu si bon en si peu de temps.
Un crash retentit, Sam se retourna, les ambulanciers entraient, poussant une civière, la civière de Fuller. Sam s’approcha rapidement.
« Un instant Docteur, je n’ai pas fini de remplir les documents d’admission! » s’écria une préposée.
« Gardez votre bureaucratie chez vous, vous terminerez votre roman plus tard. » dit Samuel.
Courant avec les ambulanciers vers la salle d’opération, Sam obtint plus de détails. L’équipement de l’ambulance ne fonctionnait pas bien, ils ne pouvaient suivre l’état de leur patient comme ils l’auraient voulu. Le bruit de la tempête rendait difficile de prendre sa pression artérielle. Du sang couvrait le Dr. Fuller, provenant majoritairement d’une blessure à la tête. Il était conscient à l’arrivé des ambulanciers, mais juste assez longtemps pour leur dire que ce ne semblait pas être grave. Il ressentait beaucoup de douleur et lorsqu’il voulu leur montrer à quel endroit, il perdit connaissance.
« Il pourrait y avoir une ou plusieurs hémorragies internes, je veux tout le nécessaire de traumatologie dans la salle d’op. » Pat était maintenant avec eux, Sam continua « Vérifiez les réserves de sang, je ne veux pas qu’il sèche entre les mains. Que se passe-t-il avec le générateur? Allez, dépêchez-vous! »
« Aye Capitaine! Je m’en occupe à la vitesse "warp", mais je ne sais pas pour combien de temps. »
Sam arrêta soudainement, et prenant Pat par le bras, le mena près du mur.
« Écoute, si ce patient est comme tout autre pour toi, ce n’est pas le cas pour moi. Si ta préparation préopératoire ne consiste qu’à utiliser de mauvais commentaires de Star Trek, je ne te veux pas dans la salle avec nous. Compris? »
Pat hocha de la tête et partit en salle d’opération.
La salle d’op #5 grouillait et il y avait une certaine tension dans l’air. Même dans le noir presque total, tout le personnel savait où ils se trouvaient et ce qu’ils faisaient. Un préposé entra avec de fortes torches électriques. Quatre ou cinq en tout. Elles furent disposées de façon à offrir le meilleur éclairage possible. Les secondes semblaient durer une minute chacune, et après dix d’entre elles, des clics se firent entendre. L’éclairage revenait! Il y eu un soupir collectif de soulagement.
« Écoutez tout le monde, cela veux tout simplement dire que nous pouvons faire notre travail un peu mieux. Je veux ce patient totalement endormi à mon retour. Je pars me préparer de nouveau. »
L’appareil de radiographie portable entrait et le Dr. Fuller avait des fils et des tubes partout. Sam entendit une voix, plus comme un soupir, et senti quelqu’un lui prendre la main. C’était Fuller. Il tentait de parler à Sam. Il se pencha, tout près de l’oreille de Fuller et dit « T’inquiète mon vieux, je suis ici. »
Se relevant, il répéta son ordre « Endormez-le moi, dans dix minutes, on commence! »
…
Vous vous souvenez du questionnaire de T.rez?
À la question "Villa ou appartement?", voici la réponse que j'aurais vraiment voulu donner, mais en un peu plus petit: http://www.youtube.com/watch?v=Bl4sbM_O_WA&feature=player_embedded
Vous en dites quoi?
…
Un sifflement strident chassa le soleil et la plage dont rêvait Sam. S’assoyant sur le bord de la table d’examen sur laquelle il s’était endormi, il arrêta son téléavertisseur et regarda sa montre; 18h15. Il essuya le sommeil de ses yeux et partit vers la porte. En sortant de la pièce, il semblait se trouver dans un monde bizarre, rêvait-il toujours? Non! C’était l’éclairage, il n’y avait que l’éclairage d’urgence.
« Ils ont besoin de vous dans la salle d’op numéro 5 Docteur! »
Une équipe s’y trouvait déjà, chaque membre était occupé à préparer quelque chose, vérifier les jauges, dérouler des pochettes d’instruments chirurgicaux ou insérer des seringues dans la base d’aiguilles.
« Que diable se passe-t-il Pat? »
« C’est le Dr. Fuller, dit l’anesthésiste, ils vont l’emmener bientôt. Il avait appelé pour annoncer son retard à cause de la tempête. C’est pour cette raison qu’ils t’ont demandé de rester. »
« Je sais Pat, que s’est-il passé? »
« Les ambulanciers mentionnent qu’une chirurgie d’urgence serait nécessaire, leurs système de communication est foutu, mais ils ont eus le temps de dire qu’ils seraient ici en 20 minutes. »
« Est-ce que nous connaissons le problème? » demanda Sam.
« Il semblerait qu’il ait eu un accident, personne d’autre que lui n’a été impliqué. Je crois que c’est peut-être son cœur! Tu connais très bien son train de vie. »
« Pourquoi l’éclairage d’urgence? »
« La tempête Docteur, dit l’assistante chirurgicale en chef, tout le quartier est sans électricité. Les gens du département d’entretien disent qu’ils tiennent prêts les génératrices de secours de l’urgence prêtes au cas où les génératrices primaires de l’hôpital s’arrêtes. Vous devriez Vous préparer Docteur Carrier, la dernière transmission des ambulanciers était il y a cinq minutes. »
La salle de préparation était vaste et habituellement bien éclairée. Après s’être mouillé les mains, il déchira l’emballage d’une brosse à laver chirurgicale et commença à frotter, il en avait pour dix minutes. À sa gauche, par la fenêtre, le noir total. Mais il pouvait quand même distinguer la cabine du préposé au stationnement roulant dans le parking et heurtant des véhicules. Comme si quelqu’un avait soufflé sur une maison de cartes.
Soudainement, une lumière blanche, intense remplit la pièce et un bruit assourdissant se fit entendre en même temps. La grande fenêtre éclata vers l’intérieur, Sam eut tout juste le temps de lever les bras pour protéger son visage avant de recevoir des éclats de verre et de se faire envoyer de l’autre côté de la pièce par le souffle de ce qui semblait être une explosion.
…